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Articles de la rubrique "Egypte ancienne"
La civilisation égyptienne
Samedi 14 Juin 2008 à 22:54 Publié par histoire-universelle dans Egypte ancienne ![]() Les pyramides de Kheops, Khéphren et Mykérinos à Gizeh Au même titre que les civilisations mésopotamienne, indienne et chinoise, celle de l'Egypte antique compte parmi les plus anciennes. Dans le creuset de la basse vallée du Nil, au nord des cataractes, elle évolue dans une grande unité culturelle à l'époque pharaonique. Durant les siècles qui la précèdent, la basse vallée est très peu occupée par les hommes en raison des violentes crues qui la traversent périodiquement, et de la présence d'une faune dangereuse: jusqu'à l'époque romaine, récits et mosaïques illustrent ce foisonnement de l'eau, des plantes et des animaux dans un espace très restreint. Les liens entre les groupes humains installés aux VI e et V e millénaires dans les oasis de la rive gauche et sur la rive droite du Nil et des cultures d'Afrique noire, du Sahara et même, pour les époques anciennes, du Proche-Orient sont aujourd'hui reconnus. La civilisation pharaonique a profondément influencé le Proche-Orient voisin, la Nubie septentrionale, puis la Grèce et Rome, héritières culturelles pas toujours conscientes de l'ampleur de leurs emprunts à l'Egypte, héritières aussi de cultes tels que celui d'Isis. A partir de la conquête assyrienne, et surtout des occupations grecque, romaine et byzantine, la culture égyptienne, dans les villes du Nord, se colore d'aspects nouveaux. L'influence primordiale du milieu Les déserts à l'est et à l'ouest recelaient des pierres et des minéraux précieux et contribuaient à protéger l'Egypte contre les invasions et les infiltrations extérieures. Au sud, la désertification s'est aggravée dès l'époque pharaonique, contribuant à séparer par de larges espaces, riches seulement en pierres et en or, l'Egypte proprement dite des civilisations de Koush puis de Méroé. L'Egypte a entretenu des relations militaires, diplomatiques et économiques avec ses voisins du Nord-Est et du Sud; ces derniers surtout constituaient parfois pour elle une menace militaire. Ces progrès ont favorisé le développement d'une architecture en pierre et en brique, complexe, pouvant prendre des dimensions colossales, ainsi que l'épanouissement de formes artistiques particulièrement accomplies (statuaire, bas-reliefs et peinture), qui comptent parmi les plus éminentes de l'Antiquité. L'adhésion aux traditions religieuses, politiques et culturelles était perçue comme nécessaire au maintien de cette perfection et à la préservation de l'Univers de la destruction. L'architecture religieuse et l'art égyptiens - temples et tombeaux - respectaient scrupuleusement des canons de style et de contenu: ils avaient pour rôle de dépeindre cet ordre idéal, et, partant, de constituer l'un des divers moyens d'intégration religieuse de l'Egypte dans le cosmos.
3'000 ans d'histoire
Samedi 14 Juin 2008 à 22:57 Publié par histoire-universelle dans Egypte ancienne ![]() L'histoire égyptienne L'Ancien Empire. Fondé vers 3200 avant J.-C., la capitale est Memphis. Des pharaons, tels Khéops, Khéphren et Mykérinos, érigent de grandioses pyramides. Le Moyen Empire. De 2052 à 1770 avant J.-C., la capitale devient Thèbes. L'Egypte étend sa puissance. Sous le Nouvel Empire (1580-1085 avant J.-C.), l'Egypte est plus puissante que jamais avec la dynastie des Ramsès. Les pharaons conquièrent la Syrie- Palestine. La Basse Epoque. Peu à peu l'Empire tombe aux mains des Assyriens, des Perses, des Grecs, puis des Romains, au 1er siècle avant J.-C..
3100-2700 av. J.-C. 2700-2200 av. J.-C. 2200-2050 av. J.-C.
1750-1580 av. J.-C. 1580-1070 av. J.-C. 664-332 av. J.-C. 332-30 av. J.-C. 30 av. J.-C. - 642 ap. J.-C. 642 ap. J.-C.
La structure sociale égyptienne
Samedi 14 Juin 2008 à 22:59 Publié par histoire-universelle dans Egypte ancienne La structure sociale de l'Egypte est pyramidale : le pouvoir économique, politique et religieux est concentré entre les mains du pharaon, roi-dieu dont toute la société procède. La majorité des terres cultivées lui appartiennent, les mines, les carrières de pierre et le commerce extérieur sont l'objet d'un monopole d'Etat. Comme il contrôlait le débit du Nil, le pharaon, incarnation du dieu primordial, créateur de l'univers auquel il s'intégrait après sa mort, régissait la fertilité. Le démiurge prit différents aspects selon les époques et les lieux mais le mythe fondamental demeura inchangé. Le roi fut l'incarnation d'Horus, l'Eloigné, dieu céleste préhistorique représenté par un faucon qui figure très souvent dans l'iconographie. Les inscriptions disent : le roi régnait déjà lorsqu'il était dans l'oeuf et, annonçant sa mort : le faucon a volé vers l'horizon. Pour certaines solennités, le souverain se pare de plumes de faucon. Des statues le représentent mi-homme, mi-oiseau. La distance séparant le roi du reste de la société ne fut pas uniquement affirmée par la hauteur de sa pyramide au sommet doré mais fut toujours symbolisée dans les cérémonies du couronnement où l'aspect humain disparaissait sous l'aspect divin. Protecteur du pays tout entier, il réunissait dans sa personne deux forces rivales : le dieu Horus de Basse Egypte et le dieu Seth de Haute Egypte. Cette dualité s'exprimait tant dans la titulature que par les deux couronnes blanche et rouge, objets sacres considérés comme des déesses tutélaires et conservés dans leurs tabernacles par des chambellans spéciaux. Le trône, ayant la faculté de rendre le monarque divin et royal, était personnifié par la déesse Isis. Le concept du roi, dieu Horus incarné, domina toute la période Archaïque et les débuts de l' Ancien Empire. Les pyramides à degrés et celles de Guizeh restent les témoignages de la foi d'un peuple voué tout entier à l'édification de monuments destinés à l'éternité non d'un souverain mais d'un dieu. Sous la IV e dynastie, les théologiens d'Héliopolis, prenant de l'influence, imposèrent à la dynastie suivante la prééminence du dieu-soleil, Ré-Hérakhty dont le roi était le fils. La sécheresse due aux crues trop basses du Nil provoqua des doutes sur les pouvoirs royaux. Le prestige du pharaon subit une éclipse. Les pharaons du Nouvel Empire, conformes à l'idéal du héros guerrier entouré d'une aristocratie militaire de charrerie, s'élevèrent au rang suprême par des faits d'armes remarquables. Le roi combattit en personne à la tête de ses troupes. Devenu le champion de l'Egypte, il fut l'incarnation aussi bien d'un dieu de la guerre comme Mentou ou Baal que celle du dieu-soleil. Il est représenté comme un héros glorieux et conquérant, fier sur son char, vainqueur de tous ses ennemis, réussissant tous les exploits avec le même bonheur à la guerre comme à la chasse. Le pharaon ajoute une nouvelle couronne à celle des Deux Pays : la Couronne Bleue de la Victoire, le Khéperech. Les nombreux et magnifiques monuments édifiés sous Aménophis III montrent que l'empire atteignit sous son règne le faite de sa puissance, de sa richesse, de sa souveraineté territoriale. Ensuite, un déclin s'amorça à travers tout le Proche Orient qui subit les assauts des Peuples de la Mer et, pendant le douzième siècle avant Jésus Christ, entraîna l'installation de nouvelles populations en Syrie, au Liban, en Palestine et en Anatolie. Au cours de la Basse Epoque, des étrangers assumèrent la royauté égyptienne. Libyens, Koushites, Perses et Grecs se chassèrent les uns les autres. Tous cependant respectèrent la tradition royale et les cultes envers Amon, Ré-Herakhty et Osiris persistèrent. La masse populaire reporta sa dévotion sur ses dieux locaux et voua un culte excessif à certains animaux. La grandeur de l'ancienne Egypte, indissolublement liée à celle des pharaons qui l'avaient conçue et créée s'écroula en même temps que la royauté.
Avec l'apparition de la charrerie, les méthodes de combat et la composition de l'armée se transformèrent complètement. Une aristocratie militaire assura le commandement de divisions réparties elles-mêmes en vingt compagnies comprenant cinq sections. Le char à timon unique, attelé de deux chevaux, se composait d'une caisse légère en bois recouverte de cuir dans laquelle prenaient place un conducteur et un combattant. Ce dernier était armé d'un arc composite, d'une hache et d'un javelot lancé par un propulseur. Dès leur très jeune âge, les rois et leurs fils étaient placés à la tête de leur corps d'armée et très sérieusement entraînés. Au temps de Ramsès II, les forces égyptiennes relevant du commandement suprême du pharaon et de son représentant, le Lieutenant Général de l'Armée, se composaient de quatre divisions portant les noms des dieux Ré, Amon, Ptah et Soutekh. Le commandement se répercutait d'échelon en échelon. Il semble que n'importe quel homme d'éducation convenable ou même simple scribe, ait pu atteindre les plus hauts grades. Le titre porté par Aménophis-fils-de-Hapou de Scribe des Recrues paraît avoir recouvert une haute fonction comportant la répartition des effectifs tant au sein de l'armée que pour réaliser les grands travaux. Les scribes avaient en charge l'intendance, le secrétariat et sans doute le partage du butin. L'Etat-Major s'occupait de la logistique. Le pharaon réunissait ses généraux et certains hauts fonctionnaires avant chaque campagne pour en élaborer les plans. L'enseignement commençait tôt. Le jeune enfant rencontrait une première difficulté de langage. Il devait recopier des textes religieux rédigés auparavant dans une langue qui, pour lui, était déjà presque morte et qu'il ne comprenait pas. Les textes égyptiens nous sont parfois d'ailleurs parvenus sous une forme dénaturée. Ce conservatisme littéraire imposa souvent, au nom de la tradition, un conformisme d'expression un peu figé. Les scribes jouèrent un rôle prépondérant à travers toute l'histoire égyptienne. Qu'ils les tracent en caractères hiéroglyphiques ou hiératiques puis en démotique, ils rédigèrent les annales de la royauté, les textes religieux et juridiques, des traités de médecine et de pharmacie, de mathématiques, de morale. Ils s'exprimèrent dans tous les genres littéraires. La continuité de l'Egypte traditionnelle fut assurée par leur intermédiaire. Un scribe du treizième siècle avant J.-C. avait gravé ce testament : " Leurs monuments se sont écroulés. Leurs prêtres funéraires n'existent plus, leurs sépultures sont recouvertes par les sables et leurs chambres mortuaires oubliées. Mais, parce qu'ils ont écrit de beaux textes, leur mémoire demeure à tout jamais". Les paiements se faisaient en nature, les rations allouées aux travailleurs manuels étant plus importantes que celles des employés et des porteurs. Il était distribué du blé et de l'orge assurant le pain et la bière de première nécessité, des légumes, du poisson et du bois comme combustible. A certaines occasions, des gratifications sous forme de sel, de vin, de boissons douces ou autres denrées de luxe, complétaient les salaires. Chaque famille occupait une maison de brique crue élevée sur des fondations en pierre. Les métiers, carriers, maçons, plâtriers, dessinateurs, peintres, sculpteurs, artisans sur cuivre, scribes se transmettaient héréditairement. La plupart des mariages se faisaient à l'intérieur de la communauté. Les habitants disposèrent d'assez de temps libre pour creuser et décorer leurs propres tombeaux, du moins jusqu'au règne de Ramsès II. Leurs descendants se contentèrent d'aménager ceux de leurs ancêtres qui devinrent des caveaux familiaux. Ces artisans disposaient d'un nombreux personnel pour assurer les travaux domestiques : couper le bois, puiser l'eau du Nil à près de cinq kilomètres et la rapporter à dos d'âne, laver le linge, moudre le blé. Chaque quartier appointait son propre pêcheur pour lui fournir chaque semaine du poisson frais. Les affaires du village étaient gérées par un Conseil composé des hommes les plus âgés et de leurs épouses aidés d'un scribe. Outre les questions courantes, ce Conseil réglait les querelles et les différends sans conséquence ; il infligeait parfois quelques peines. Les délits graves ressortissaient de la justice du vizir. Alors qu'il fut si souvent raconté que les monuments égyptiens avaient été édifiés avec la sueur et le sang d'esclaves sacrifiés, il est important de signaler les conditions de travail. La journée était rythmée par quatre heures de labeur le matin suivies d'un repas et d'une sieste. L'après-midi, à une heure variable, le travail reprenait pour quatre autres heures. Il faut aussi signaler que l'absentéisme était courant. Les paysans vivent en famille dans leurs villages ou, dans le Delta, campent sous des tentes pour garder les troupeaux qui pâturent. Un Conseil de village gère les affaires courantes et l'administration centrale n'intervient qu'en deux occasions : la perception des impôts et les problèmes créés par la crue ou des conditions agricoles difficiles. La première rencontre des cultivateurs avec l'administration centrale était la venue des contrôleurs pour la perception des impositions. Afin de déterminer les taxes dues, ils arpentaient les champs, mesuraient les récoltes, dénombraient le bétail et les volailles, inspectaient les vergers, les vignes et les palmeraies. Aucune monnaie n'ayant eu cours avant l'occupation perse, les prélèvements étaient effectués en nature. La moitié de toutes les productions était ainsi destinée au trésor et bien souvent l'autre moitié assurait à peine la subsistance familiale. La richesse de l'Egypte reposait sur son agriculture. De nombreux corps de métier, tisserands de laine ou de lin, tanneurs, bouchers, brasseurs, vanniers dépendaient directement de ses productions mais, bien que de manière plus lointaine, tout le reste du pays était concerné. Lorsqu'un péril menaçait les récoltes, la corvée réclamait un effort général. Chacun, quelle que soit sa profession, était réquisitionné le temps nécessaire à surmonter les difficultés. Les prêtres eux-mêmes n'étaient pas exemptés et les hauts fonctionnaires se chargeaient de la surveillance et de l'organisation du travail. Il s'agissait le plus souvent de maîtriser les caprices du Nil et d'effectuer les travaux d'endiguement ou d'irrigation nécessités par une crue trop forte ou trop basse. Parfois il fallait nettoyer les terres ou ramasser et engranger les moissons. Tous les Egyptiens recevaient des pics, des houes, des paniers et se mêlaient aux paysans. Les simples soldats recevaient leur part de butin en bétail, armes, vêtements, parures pris aux luxueux ennemis asiatiques. Ils étaient pensionnés avec la garantie de recevoir des vivres et des terres prises sur le domaine royal qui étaient laissées à la famille tant qu'un de ses hommes servait dans l'armée. Ces soldats et les vétérans retirés formaient une classe privilégiée fondamentalement dévouée à l'armée et à son chef.
Le pharaon
Samedi 14 Juin 2008 à 23:01 Publié par histoire-universelle dans Egypte ancienne Dans l'Egypte antique, le pharaon était le souverain, le maître absolu du pays. Le mot pharaon vient de l'ancien égyptien per-aâ, qui désigna d'abord le palais royal puis, à partir de la XXIIe dynastie (950-730 av. J.-C.), l'hôte de ce palais, le roi d'Egypte. Les Hébreux furent les premiers à employer couramment ce mot. Dès l'Ancien Empire (2780-2380 av. J.-C.), le titre officiel du roi, son «protocole», se compose de cinq noms distincts. Les deux derniers sont inscrits à l'intérieur d'un cartouche, boucle de corde allongée et nouée sur un côté. Ce cartouche symbolise «ce que le soleil encercle», c'est-à-dire l'Univers. Et, pour les Egyptiens, l'Univers est la possession du pharaon. De tout temps, le pharaon a été représenté à l'image des dieux. Comme eux, il porte une couronne, une barbe postiche et un sceptre. Les cérémonies de naissance et de couronnement soulignent son origine divine. Les textes le proclament «fils de Râ» et héritier de la fonction du dieu Horus, premier souverain d'Égypte selon la légende. A partir de la XVIIIe dynastie (1580-1314), les pharaons se proclament descendants directs d'Amon-Râ, roi des dieux. Pour légitimer son accession au trône, la reine Hatshepsout (morte en 1483) n'hésite pas à faire figurer sur une paroi de son temple, à Deir el-Bahari, une scène montrant le dieu Amon-Râ et sa mère s'unissant charnellement et engendrant ainsi la future reine. Enfant des dieux, dieu lui-même, le pharaon a pour fonction de maintenir l'harmonie universelle telle que la symbolise Maât, déesse de la vérité, de la justice et de l'accord parfait des forces du monde. Lorsqu'un pharaon meurt, Maât est menacée, le chaos risque de s'installer. Seul l'avènement d'un nouveau pharaon permettra au monde de retrouver le rythme reçu du démiurge lors de sa création, et rétablira l'équilibre cosmique. Le pharaon est le garant du lever du soleil et de la régularité des crues du Nil. Seul représentant des hommes auprès des dieux, c'est toujours lui que l'on voit sur les reliefs des temples en train d'accomplir les rituels divins, le clergé n'étant que son délégué dans chaque sanctuaire. Si l'on s'en tient aux rituels, aux statues colossales et aux textes composés pour la propagande du roi, on est tenté de croire que le peuple égyptien prenait effectivement son pharaon pour un dieu vivant sur terre. Or, les contes et les annales historiques démentent cette conception : aux yeux de ses sujets, le roi est un homme que l'on juge aux actes. Il n'est pas infaillible et, s'il a la faveur des dieux, il n'en est pas toujours entendu. Dans son gouvernement, il confie au vizir une partie de ses charges, mais il garde la priorité des décisions dans tous les domaines : justice, police, armée, politique intérieure et extérieure. Et, à l'occasion, le peuple égyptien critique les erreurs commises par le roi. L'idéologie officielle dote le pharaon d'une nature divine et d'un pouvoir surnaturel, tandis que l'imagination populaire le traite comme un chef d'Etat disposant de tous les pouvoirs.
Les pyramides
Samedi 14 Juin 2008 à 23:03 Publié par histoire-universelle dans Egypte ancienne ![]() Les pyramides de Kheops, Khéphren et Mykérinos à Gizeh Les pyramides d'Egypte et de Nubie Bien qu'aucune des sépultures dans les pyramides n'ait survécu aux déprédations des pilleurs de tombes, il est néanmoins manifeste que les pyramides étaient destinées à servir de sépultures ou de cénotaphes. Il est probable que ce type de sépulture ait finalement été abandonné car, en dépit de sa taille et de sa complexité, chaque pyramide était pillée peu après sa fermeture hermétique. Non seulement ces pyramides contiennent des sarcophages brisés, des vestiges d'objets façonnés retrouvés à l'intérieur et à l'extérieur et suffisamment de preuves inscrites pour pouvoir identifier les défunts, mais elles sont aussi entourées d'autres sépultures dans d'évidents cimetières, ce qui porterait à croire que les pyramides étaient bien des sépultures. En outre, pendant les V e et VI e dynasties, les pyramides contenaient des textes dans la salle intérieure qui faisaient référence à l'existence de tombes dans les pyramides et, de même, les écrits ultérieurs mentionnent l'incapacité des pyramides de conserver les défunts et leurs biens. Un lien semblable entre le temple mortuaire et le tombeau existait à travers toutes les périodes et parmi la plupart des échelons sociaux dans l'Egypte antique. Mais même les entrées de tombeaux assez inaccessibles se révélaient être malencontreusement proches à cause des temples mortuaires fort visibles. Dans le Nouvel Empire, l'on tenta de séparer les temples mortuaires des inhumations royales (que l'on cachait dans des tombes-tunnels creusées dans la Vallée des Rois, qui était secrète et dissimulée à l'ouest du Nil, à Thèbes). Cela entraîna la nécessité d'inverser les tailles proportionnelles de ces deux structures mais, en fin de compte, cela ne protégea pas davantage les sépultures. En plus de ces deux éléments essentiels à chaque complexe pyramidal, il y avait aussi un mur d'enceinte pour délimiter l'emplacement de chaque sépulture. D'autres monuments en l'honneur du souverain défunt étaient élevés à l'intérieur de ce mur, dont une pyramide subsidiaire, qui contenait probablement le faux sarcophage du double du roi, ou ka. Puisque les pyramides étaient construites dans le désert stérile et éloigné des limites cultivables, on estimait souvent qu'il était nécessaire de construire un temple dans la vallée du Nil afin que l'entourage funéraire puisse y accéder en bateau. Après avoir débarqué au temple avec la dépouille royale, les offrandes et le trésor destiné à la vie future du roi, le cortège funèbre pouvait avancer le long d'une chaussée couverte qui débouchait sur le temple mortuaire. Tous les complexes mortuaires des pyramides achevées entre les IV e et XII e dynasties partageaient ces caractéristiques principales. La pyramide la plus ancienne, qui est sans doute aussi la première structure monumentale en pierre de l'Histoire, vit le jour sous la forme d'un mastaba qui s'accrut à plusieurs reprises. En y ajoutant d'autres mastabas, mais de taille progressivement plus petite, on obtenait une «pyramide à degrés» à six gradins. Ce monument, élevé à Saqqarah pour le roi Djoser (ou Djéser) de la III e dynastie, était le chef-d'œuvre du ministre et principal architecte de Djoser, Imhotep, qui, plus tard dans l'histoire d'Egypte, fut considéré comme un dieu à cause de ses talents. Non seulement cette pyramide à degrés est très impressionnante sur le plan de son envergure et de ses superbes proportions, mais la qualité du travail de la pierre des bâtiments avoisinants et les détails décoratifs en font un premier essai admirable. La construction d'au moins deux autres pyramides à degrés pour des souverains de la III e dynastie fut commencée avant qu'une pyramide véritable ne fût entreprise à Meïdoum. Malheureusement, celle-ci s'affaissa durant l'Antiquité, peut-être même au cours de sa construction. Les murs de soutènement internes en préservent la partie centrale, mais son revêtement s'est effrité. Deux pyramides furent érigées à Dahchour pendant le règne de Snefrou, premier souverain de la IV e dynastie, et celles-ci constituent les dernières étapes de la transition vers la forme pyramidale véritable. A l'origine, la pente de la pyramide méridionale était assez accusée. Cet angle fut cependant modifié, diminuant ainsi la hauteur de la structure, peut-être afin de réduire le risque d'affaissement de sa salle intérieure qui semble avoir présenté une fissure dangereuse due au poids de la pierre; ainsi cette «pyramide courbée» fut-elle enfin achevée. La structure septentrionale à Dahchour fut la première pyramide véritable réussie, avec des côtés droits s'élevant en pointe. Sa base carrée est la plus grande après celle de la Grande Pyramide de Kheops à Gizeh mais l'angle de sa pente est sensiblement inférieure de sorte que l'ensemble est beaucoup plus bas. Il semblerait logique que cette pyramide septentrionale ait été construite après la pyramide courbée, mais ceci n'est pas prouvé; par ailleurs, rien ne justifie l'existence de deux pyramides pour Snefrou. Il est possible que l'une d'entre elles fût un cénotaphe pour le double du roi, ou ka, ou alors la pyramide septentrionale fut commencée en raison de la nature précaire de la pyramide méridionale. Il est également possible que ces chantiers servissent simplement à fournir du travail régulier aux ouvriers des pyramides. La pyramide de Kheops est la plus grande pyramide véritable et elle compte parmi les merveilles artificielles du monde. A sa base, elle mesure environ 230 mètres de côté et sa hauteur, qui faisait environ neuf mètres de plus qu'aujourd'hui, était de 147 mètres. Cette structure presque entièrement solide contiendrait environ 2,3 millions de blocs de grès pesant entre deux à trois tonnes chacun. Ces blocs étaient extraits de carrières avoisinantes et le tout était probablement revêtu de calcaire finement travaillé provenant de la carrière de Tura, de l'autre côté du Nil, au sud du Caire actuel. On estime actuellement qu'il fallut cent mille hommes, qui ne pouvaient travailler que pendant la crue, pour achever cette construction en vingt ans. Ces chiffres furent d'abord avancés par Hérodote, l'historien grec qui, deux mille ans plus tard, fut le premier voyageur dont la description des pyramides nous soit parvenue. Ces chiffres semblent exagérés, à moins qu'il ne s'agisse de main-d'œuvre agricole employée pendant que les champs étaient inondés. Il ne semble pas que des esclaves aient été exploités, mais il reste à prouver les motivations des ouvriers: voulaient-ils rendre service à leur souverain divin ou simplement gagner leur vie pendant la saison creuse? La pyramide de Kheops comportait des galeries reliant le côté septentrional à trois salles principales placées les unes au-dessus des autres. La salle supérieure, qui se trouve approximativement au milieu de la pyramide, mais qui n'est pas centrée, était reliée à une grande galerie avec une voûte en encorbellement. La salle en granit contient toujours le sarcophage brisé du souverain. Sur le côté oriental de la pyramide, des fouilles ont révélé le temple mortuaire ainsi qu'une partie de la chaussée et plusieurs cavités contenant les grandes barques en bois datant de plusieurs siècles et qui étaient probablement utilisées pour transporter la dépouille du souverain, son attirail funéraire et le cortège funéraire vers la pyramide. La pyramide de Khephren, le fils de Kheops, se trouve au milieu du groupe de Gizeh. Bien qu'elle soit un peu plus modeste que la pyramide de Kheops, elle est plus impressionnante que cette dernière à cause du revêtement de calcaire qui recouvre encore le sommet, et aussi de l'excellent état de la plupart des éléments du complexe pyramidal. Le temple de la vallée qui se trouve à côté du grand Sphinx en roc est remarquablement intact et sa chaussée, son mur d'enceinte, son temple mortuaire et sa pyramide subsidiaire sont tous reconnaissables. La pyramide de Mykérinos, au sud de celle de Khephren, est beaucoup plus petite: sa base ne mesure que le quart de celle de Kheops mais, à une exception près, la pyramide de Mykérinos est plus grande que les dernières pyramides. Les sources antiques concernant la construction des pyramides de Kheops, Khephren et Mykérinos sont réduites à des auteurs très postérieurs à la période de construction elle-même : Hérodote, qui relate dans son Enquête les dires de prêtres égyptiens recueillis environ deux mille ans plus tard ; Diodore de Sicile, encore plus tardif. Cependant, les hypothèses des chercheurs modernes se sont souvent appuyées sur ces deux auteurs antiques. Diodore de Sicile rapporte un mode de construction fondé sur une rampe frontale s'élevant en même temps que la pyramide, sur laquelle les énormes pierres mises en œuvre pouvaient être roulées. Cette théorie, avec de nombreuses variantes, a été développée par des auteurs contemporains (Jean-Philippe Lauer, le Mystère des pyramides, 1988). Certains ont proposé l'hypothèse d'une rampe enveloppante, tournant autour de la pyramide au fur et à mesure de son élévation. Ce premier groupe de théories présente cependant un inconvénient lorsqu'on l'applique aux énormes masses des monuments de Gizeh: la construction de la rampe, qui doit être démontée par la suite, nécessite la mise en œuvre d'un volume de matériaux supérieur à celui de la pyramide elle-même. Hérodote rapporte un système de construction au moyen d'engins de levage tout à fait comparables au chadouf à balancier encore utilisé de nos jours au Soudan, et qui permettent de soulever des blocs de pierre de 2 à 3 tonnes, comme ceux qui constituent la plus grande part de la pyramide. Cette théorie a été notamment développée par l'Allemand Karl Richard Lepsius (Über den Bau der Pyramiden, 1843). Elle ne peut cependant expliquer comment des blocs de plusieurs dizaines de tonnes ont pu être amenés au sommet de la chambre du roi dans la pyramide de Kheops. Une dernière théorie, reprenant le système décrit par Hérodote puis par Lepsius pour l'élévation des blocs de 2,5 tonnes, propose d'expliquer l'insertion de blocs de granit de 40 tonnes au-dessus de la chambre de Kheops par l'utilisation d'un ascenseur oblique, dont la grande galerie située à l'intérieur de la pyramide constituerait la glissière et dont le contrepoids serait formé de cinq blocs indépendants, permettant de diminuer ainsi, en le divisant, le poids des énormes blocs de granit mis en œuvre ; plusieurs indices sembleraient étayer cette thèse (Pierre Crozat, Système constructif des pyramides, 1997). Parmi les autres questions non résolues figurent, entre autres, celles de la présence ou non, dans les pyramides de Khephren et de Mykérinos - qui sont inviolées - d'une chambre funéraire, et la façon dont l'entrée de la pyramide de Kheops a pu être découverte par les voleurs supposés. |
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