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Articles de la rubrique "Empire Romain"
La fondation mythique de Rome
Samedi 14 Juin 2008 à 23:10 Publié par histoire-universelle dans Empire Romain Romulus et Remus Son fils Ascagne fonde Albe la Longue, dont le treizième roi, Numitor, est détrôné par son frère Amulius. Ce dernier fait de sa nièce, Rhea Silvia, une vestale vouée à la chasteté. Or celle-ci, violée par le dieu Mars, donne le jour à des jumeaux, Romulus et Remus, qui sont déposés sur le Tibre. Le fleuve en crue abandonne leur berceau au pied d'une colline, le Palatin. Ils sont nourris par une louve, puis recueillis par un berger. Parvenus à l'âge adulte, Romulus et Remus rassemblent une troupe qui réussit à tuer Amulius pour rétablir Numitor sur le trône d'Albe. Leur grand-père les encourage à aller s'installer ailleurs, et les jumeaux choisissent le site de Rome. Romulus dote Rome d'un sénat, divise la population en trente curies, lui donne des institutions, une organisation militaire, avant de disparaître mystérieusement et d'être honoré par assimilation au dieu Quirinus. C'est un Sabin, Numa Pompilius, qui lui succède et qui donne à Rome, suivant les conseils de la nymphe Egérie, son organisation religieuse. Vient ensuite Tullus Hostilius, qui détruit Albe la Longue (épisode du combat des Horaces et des Curiaces). Enfin, le Sabin Ancus Martius fonde Ostie.
Enfin, Tarquin, surnommé le Superbe, engage de grands travaux et construit le temple de Jupiter, Junon et Minerve sur le Capitole. Mais ce souverain se conduit en tyran, et l'un de ses fils viole Lucrèce, qui se suicide. Brutus ameute alors le corps civique et ordonne la fermeture des portes de Rome à Tarquin, parti en expédition. C'est alors que commencerait la République.
Un peuplement est attesté par l'existence de fonds de cabanes sur le Palatin et de nécropoles vers le nord. L'expansion de la civilisation étrusque, jusqu'en Campanie, se traduit par la conquête du Latium. Le VI e siècle correspond à une période de grande activité édilitaire et de participation aux échanges méditerranéens.
Rome face aux Grecs
Samedi 14 Juin 2008 à 23:13 Publié par histoire-universelle dans Empire Romain ![]() Rome vers 264 av. J.-C. Carte Hachette Livre La République romaine connaît des débuts difficiles. Membre de la ligue des peuples latins, elle en prend le contrôle, déjoue la menace étrusque et repousse les attaques des peuples montagnards de l'intérieur. L'invasion gauloise de 390 n'est qu'une brève catastrophe, sans doute bénéfique dans la mesure où elle affaiblit les cités étrusques au nord. Au milieu du IVe siècle, la nouvelle muraille de Rome en fait la cité la plus vaste en Italie centrale. Comme les peuples sabelliens (montagnards de l'Apennin) de l'intérieur ont conquis presque toute la Campanie, la cité grecque de Naples demande des secours à Rome contre l'un d'entre eux, les Samnites. Les Romains, depuis 348, ont établi des rapports diplomatiques avec Carthage, et dominent le Latium depuis la dissolution de la ligue latine en 338. Les Grecs ne s'aperçoivent du danger que représente Rome qu'au moment où les armées romaines avancent en Campanie; les guerres menées contre les Samnites permettent à Rome de forger une armée solide, et les alliances formées entre Samnites, Gaulois et Etrusques ne peuvent en venir à bout. Sa victoire à Sentinum, en Ombrie (295), marque un tournant: les Romains contrôlent désormais toute l'Italie centrale, notamment les riches contrées d'Etrurie et de Campanie. Les cités grecques méridionales font appel au roi d'Epire, Pyrrhus, dont l'armée est épuisée par ses propres victoires; les Grecs se divisent, et le roi doit rembarquer. La prise de Tarente en 272 met un terme aux résistances méridionales, tandis que la prise puis la destruction de Volsinies (Orvieto) marquent la fin de la résistance étrusque. L'Empire prend forme, mais c'est Rome qui dirige la politique «italienne» par des traités bilatéraux à son avantage. Les Romains ont aussi confisqué de nombreux territoires, souvent en des points stratégiques, et y ont établi des colons.
La conquête du bassin méditerranéen
Samedi 14 Juin 2008 à 23:16 Publié par histoire-universelle dans Empire Romain ![]() La conquête romaine Carte Luc Rehmet Les guerres puniques Lors de la première guerre punique (264-241), Rome l'emporte et prend le contrôle de la Sicile, de la Sardaigne et de la Corse, ses premières provinces hors d'Italie. Carthage se dote alors d'un vaste ensemble territorial dans le sud de la péninsule Ibérique (fondation de Carthagène), tandis que Rome doit faire face à une forte riposte des Gaulois du fait de sa politique de colonisation en Italie septentrionale. La deuxième guerre punique (219-201) est dominée par le génie d' Hannibal, dont l'écrasante victoire à Cannes (216) entraîne la défection de Capoue, la plus puissante alliée des Romains.
Conscients peut-être de la supériorité de la civilisation hellénistique, les Romains veulent éviter une occupation permanente en Méditerranée orientale. Le contrôle de la plaine du Pô leur paraît essentiel (fondation d'Aquilée en 181), et si les légions romaines brisent la puissance des rois grecs, c'est pour maintenir un équilibre où leurs alliés (notamment les rois de Pergame, d' Egypte et de la République rhodienne) tiennent leur place. Cette politique ne dure qu'un demi-siècle: il faut organiser la Macédoine en provinces pour la défendre contre les Barbares (148) et terroriser les Grecs par la destruction de Corinthe, l'année même où Carthage est anéantie à l'issue de la troisième guerre punique (146). Rome se met à vivre de son Empire mais doit faire face aux troubles qui en résultent: révoltes serviles en Sicile, révoltes en Macédoine, en Asie et, à la fin du siècle, guerre contre le roi des Numides, Jugurtha, qui refuse le démembrement de son royaume. La crise politique Le rassemblement des terres en un petit nombre de mains profite à quelques citoyens au moment où l'essor du grand commerce permet l'accroissement des fortunes mobilières, tandis que les classes moyennes perdent, par l'émigration, une partie de leurs éléments. Par ailleurs, les artisans et les petits propriétaires terriens éprouvent la concurrence des produits importés. Des revendications voient le jour, notamment la demande de terres. C'est alors qu'un grand noble, Tiberius Gracchus, tribun de la plèbe, propose une redistribution des terres de l'Etat en faveur des citoyens les plus démunis, les prolétaires. Mais il paie de sa vie cette initiative (133). Son frère, Caius Gracchus, reprend ce projet, confie les tribunaux aux chevaliers, lesquels ne participaient pas jusqu'alors à la vie politique. De nouvelles mesures sont prises: fondation de colonies, grands travaux ( routes), imposition d'un prix maximal des céréales en faveur des plus démunis. Mais l'oligarchie sénatoriale, effrayée par la volonté de Gracchus de fonder un principe politique nouveau (repris de Tiberius), celui de la souveraineté populaire, décide d'utiliser l'état de siège, qui suspend les garanties de la loi, pour se débarrasser de trublions tels que lui (121). Le recrutement de citoyens pauvres va entraîner un changement capital: ces nouveaux soldats trouvent là un moyen de promotion sociale (par le centurionat), mais aussi d'enrichissement en participant aux profits de la guerre. Ainsi, les légions romaines, à la merci des chefs les plus offrants, deviennent la proie des factions politiques. Les révoltes intérieures Les marianistes, revenus au pouvoir, procèdent à des épurations sanglantes. La guerre civile reprend au retour de Sulla, qui s'empare de Rome, massacre les marianistes et confisque leurs biens, favorisant ainsi l'enrichissement colossal de ses lieutenants, notamment Lucullus, Pompée et Crassus. La péninsule Ibérique fait alors sécession sous la direction de Sertorius, qui est vaincu par Pompée. Sulla augmente le nombre de magistrats, restaure les pouvoirs du sénat (porté à 600 membres) et affaiblit ceux des tribuns de la plèbe. La République connaît plusieurs crises: révolte de Spartacus (73-71) en Italie, agitation pour la restauration des pouvoirs des tribuns de la plèbe, distribution gratuite du blé aux citoyens, conjuration de Catilina déjouée par Cicéron. En 61 av. J.-C., le fastueux triomphe de Pompée marque approximativement le terme d'une vie politique assez libre dans une République où le pouvoir est disputé parfois avec violence, mais encore publiquement et sans recours à l'armée. Rome, dont le principal atout est la puissance démographique, contrôle directement ou indirectement les nations méditerranéennes. La population de l'Italie, unifiée politiquement, s'élève à près de 7,5 millions d'habitants; dans l'ensemble, la péninsule apparaît d'une grande vitalité et constitue peu à peu le pays le plus actif du Bassin méditerranéen. Son agriculture, prospère, constitue une exceptionnelle source de réserves pour l'armée civique, d'autant plus que la population comprend un tiers d'esclaves, dont les plus capables peuvent accéder, par affranchissement, à la citoyenneté. Cette situation dynamique, qui va durer plus d'un siècle, permet d'expliquer le passage de la république oligarchique à une monarchie potentiellement tyrannique, au prix d'une vingtaine d'années de guerres civiles sanglantes.
Les guerres civiles à Rome
Samedi 14 Juin 2008 à 23:18 Publié par histoire-universelle dans Empire Romain ![]() Les conquêtes de Jules César Carte Hachette
L'agitation est créée par l'action du tribun Clodius, qui devient très populaire en créant l'annone (service veillant à l'approvisionnement de Rome en blé et à sa distribution gratuite à certaines catégories de citoyens). En une dizaine d'années, Jules César conquiert la Gaule, des Cévennes au Rhin. Cependant, le triumvirat cesse d'exister dans les faits (53) après la défaite et la mort de Crassus sur le front d'Orient (53). Le tête-à-tête César-Pompée s'oriente vers un affrontement, mais les événements favorisent le second, qui est alors nommé consul unique par le sénat. Le but de César est de prendre la direction de l'Etat, mais son initiative oblige le sénat à reconnaître la même mission à Pompée. La nécessité d'un responsable unique s'impose de nouveau. L'incapacité du sénat est devenue manifeste, la solution monarchique apparaît évidente pour de nombreux esprits. Cependant, la conquête du pouvoir donne au conflit une dimension méditerranéenne, la guerre civile ravageant l'Italie et les provinces. César finit par venir à bout de la résistance de Pompée. César devient dictateur, préside les comices, se fait élire consul (48), abdiquant alors la dictature. Il reçoit plus tard une seconde dictature: le droit de présider à l'attribution des magistratures, de nommer les gouverneurs des provinces prétoriennes et à nouveau le consulat (pour cinq ans). Son appui principal est la plèbe de Rome, d'où la nécessité pour lui de s'unir à ses tribuns et de faire voter de nombreux plébiscites. L'assassinat de César La rupture survient en 32, lorsque Marc Antoine, que ses adversaires disent ensorcelé par la reine d'Egypte, Cléopâtre, reprend le contrôle de l'Italie à César Octavien, qui par un coup d'Etat chasse de Rome les partisans de son rival. Mais ce dernier, dont les forces sont équivalentes, sinon supérieures, sur terre comme sur mer, à celles d'Octavien, se révèle général hésitant et politique maladroit en refusant de se séparer de Cléopâtre. En plein engagement naval, à Actium, sur les côtes d'Epire, tous les deux prennent la fuite. Les légions d'Antoine, abandonnées, se soumettent à Octavien (septembre 31), qui, un an plus tard, annexe l'Egypte après le suicide de son compétiteur et de Cléopâtre.
Les Romains en Gaule
Samedi 14 Juin 2008 à 23:25 Publié par histoire-universelle dans Empire Romain ![]() La Gaule romaine (I-IIIe s.) © Intercarto La progression des Romains en Gaule Convoitant la Gaule, ils mettent d'abord la main sur le commerce marseillais. Au cours des III e et II e siècle, Marseille est obligée de se défendre contre la poussée de plus en plus forte des tribus celto-ligures. La ville est fortifiée, ainsi que certaines colonies (Saint-Blaise). Mais très vite elle doit appeler les Romains à l'aide: en 181 contre la piraterie ligure, qui sévit dans la région de Nice; en 154 pour repousser les tribus de la côte. Ces appels réitérés aboutissent à la conquête de la Provence après 125 av. J.-C. En 120 av. J.-C., les Romains ont annexé la partie méridionale de la Gaule Transalpine, qu'ils nomment la Provincia (devenue par la suite la Narbonnaise). La conquête du sud de la Gaule s'effectue en trois phases: Les Suèves et les Helvètes sont repoussés, les Belges vaincus; les Armoricains, les Vénètes et les Aquitains sont soumis.
En 54 av. J.-C., les Gaulois se liguent dans le plus grand secret. Une insurrection, presque générale, éclate. Elle est dirigée par un guerrier noble du pays des Arvernes,Vercingétorix . Au printemps 52 av. J.-C., César échoue dans une attaque contre Gergovie, la capitale des Arvernes, mais bat les Gaulois dans la vallée de la Saône. Ces derniers se réfugient alors sous les murs de la place forte d'Alésia. César assiège la ville et oblige Vercingétorix à capituler. Il doit encore réduire quelques résistances locales, mais, en 51 av. J.-C., la Gaule est entièrement soumise. Conformément à une politique éprouvée de longue date et mise en application en Gaule transalpine (Provence et Languedoc) depuis 121 av. J.-C.,Rome va s'efforcer d'intégrer le pays dans son système politique, dans sa civilisation, et de faire des Gaulois des Gallo-Romains. Les premières mesures de sécurité Les mesures de l'empereur Claude Les résistances D'autre part, la romanisation rencontra quelques résistances. En dehors du cadre provincial, Rome, faute d'effectifs suffisants, a laissé subsister l'organisation traditionnelle de la Gaule: cités et pagi. Mais la généralisation de l'impôt foncier a affaibli l'aristocratie gauloise, propriétaire du sol, et provoqué son mécontentement; des révoltes antifiscales combinées parfois à des révoltes nationales éclatent, comme en 21, en pays trévire et éduen. La révolte de 68-70, plus générale, n'est plus antiromaine: elle est une protestation contre les abus deNéron : l'assemblée des cités gauloises tenue à Reims affirme la fidélité des Gaulois à Rome. A cette date, le Gaulois du temps de l'indépendance a fait place au Gallo-Romain. Autour des villes La ville gallo-romaine Thermes (comme ceux de Cluny à Lutèce), magasins et entrepôts souterrains (ceux de Lyon sont célèbres) complètent le paysage urbain, assez uniforme, de la ville gallo-romaine. D'importants travaux d'adduction d'eau (l'aqueduc du pont du Gard, les bassins et canalisations de répartition de Nîmes, par exemple) assurent à ces villes un minimum de confort. L'organisation municipale La religion Le maintien de la langue gauloise La pensée gallo-romaine Malgré ces limites, malgré les difficultés qui l'éprouvent à partir du III e siècle, la Gaule romaine a été une réussite dans la mesure où la distinction vainqueur-vaincu s'est rapidement estompée, sans que le second renonce à sa propre personnalité. L'architecture urbaine romaine Il existait pourtant des monuments de tradition celtique réalisés avec l'aide de la technique romaine. Ce type de temple est parfaitement représenté par la tour de Vésone à Périgueux et le temple de Janus à Autun. La sculpture La tradition gréco-romaine Les petits bronzes En revanche, les survivances celtiques sont incontestables en ce qui concerne les bijoux et, plus généralement, ce qui touche aux arts du métal (fibules à émail cloisonné, par exemple), dans lesquels les Gaulois excellaient au temps de leur indépendance. Pour le reste, et à peu d'exceptions près, mosaïques, vaisselle de bronze, argenterie, céramique (la fameuse céramique sigillée exportée dans l'Empire entier), tout relève d'emprunts à laGrèce et à Rome . Une exception: les origines de la verrerie gallo-romaine (bouteilles avec fils de verre polychromes appliqués, barillets de Frontin) sont orientales. |
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