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L'écriture

Samedi 14 Juin 2008 à 23:07

Publié par histoire-universelle dans Les découvertes


Les premières écritures
Carte Hachette Multimédia
Les premiers signes
L'écriture a été inventée pour les besoins de l'administration. Il s'agit au début, en Mésopotamie, d'un système très rudimentaire, ne comportant que des chiffres et des idéogrammes, sortes de petits dessins servant à désigner des objets, des êtres animés ou des idées. En Mésopotamie et en Elam (Iran), les premiers signes sont tracés ou imprimés sur des sortes de boules en argile contenant des jetons de formes différentes. Chaque jeton représentait sans doute un objet ou une collection d'objets. On pouvait ainsi garder souvenir de transactions ou de procédures administratives. C'est sans doute pour éviter d'avoir à briser la bulle à chaque vérification qu'on a imprimé sur sa surface la forme des jetons qu'elle contenait.

Ensuite, le système sera simplifié et on se contentera de d'imprimer ou de tracer les signes sur un morceau d'argile en forme de bulle aplatie ou de parallélépipède : ce sont les premières tablettes.

Signes idéographiques et syllabiques
Cette écriture évolua vers le syllabisme lorsque les Sumériens eurent l'idée d'utiliser les signes pour leur valeur phonétique. On put ainsi noter des particules qui n'avaient pas de valeur sémantique simple (pronoms, adverbes, etc.) et décomposer des mots complexes ou longs en syllabes.

La forme des signes a évolué tout au long de l'histoire du Proche-Orient. Comme il est difficile de tracer des courbes sur l'argile avec un stylet, on a schématisé les dessins initiaux en une série de petits segments qui ont pris la forme de clous, la tête marquée par l'enfoncement du stylet et la queue, plus ou moins longue, par le retrait du stylet de l'argile. Comme on a aussi, peut-être pour écrire plus vite, fait pivoter les signes d'un quart de tour vers la gauche au 3 e millénaire av. J.-C., le souvenir direct du dessin originel s'est souvent perdu et les signes sont devenus plus abstraits.

L'écriture cunéiforme
L'écriture cunéiforme a été utilisée tout d'abord pour écrire la langue des Sumériens, qui en sont sans doute les inventeurs. Par la suite, beaucoup d'autres langues l'utiliseront : l'éblaïte, dans la région d'Alep en Syrie du nord ; le hittite en Anatolie, le hourrite en Mésopotamie du Nord, l'ougaritique sur la côte phénicienne, etc. Mais la langue akkadienne, écrite en cunéiforme, restera la principale langue du Proche-Orient, sorte de langue diplomatique, utilisée même par les rois d' Egypte pour leurs relations diplomatiques avec la Babylonie, l' Assyrie ou l'Anatolie.

Les autres écritures
L'écriture égyptienne a été déchiffrée grâce à une pierre en basalte noir retrouvée à Rosette (Rachid) en 1799 par un officier de l'armée de Napoléon Bonaparte pendant la campagne d'Egypte. Elle comportait un même texte rédigé dans trois langues, grec, hiéroglyphique égyptien et démotique égyptien.

Le texte grec fut vite traduit : il s'agissait d'un décret d'un pharaon. Des études plus anciennes avaient déjà permis de découvrir quelques principes de cette écriture (utilisation d'idéogramme, de syllabes, de cartouches, etc) mais sans arriver à un déchiffrement satisfaisant. C'est Champollion qui eût l'idée de comparer les noms royaux dans les cartouches aux noms de rois connus, et de chercher des parallèles systématiques entre la langue égyptienne ancienne et le Copte, encore utilisée en Egypte de nos jours, et prenant pour hypothèse que les deux langues étaient étroitement apparentées.


Les alphabets
C'est en Phénicie, une de principales zones d'échange du Proche-Orient, qu'apparaissent pour la première fois, à partir du 14 e siècle av. J.-C., de nombreux textes écrits avec un système d'écriture fondé sur la division des syllabes en consonnes et voyelles. On peut ainsi décomposer les syllabes en signes plus simples et beaucoup moins nombreux (une trentaine au lieu des quelque trois cents signes de l'écriture cunéiforme). La liste de ces signes ou lettres constitue ce que nous appelons "alphabet", d'après le nom des deux premières lettres de l'alphabet grec, alpha et bêta.

L'invention du principe de l'alphabet est sans doute plus ancienne, mais on ne sait pas encore dans quelle région il est apparu pour la première fois (Sinaï ou Egypte). Le premier alphabet largement diffusé fut inventé au 14 e siècle à Ougarit, avec des signes cunéiformes. Il fut abandonné à la fin du 13 e siècle et c'est un alphabet en écriture cursive adopté dans d'autres villes phéniciennes, en particulier à Byblos, au 13 e siècle, qui sera réutilisé plus tard pour écrire le grec et le latin.

Typologie des principaux textes mésopotamiens
Les civilisations proche-orientales ont utilisé l'écriture pour les besoins de l'administration et du gouvernement, mais aussi pour enregistrer les textes les plus importants de leur culture. C'est en Mésopotamie qu'a été conservée à plus grande variété de textes, en raison de la solidité du support utilisé, l'argile, qui a bien résisté au temps. Nous avons ainsi des dizaines de milliers de tablettes administratives, de lettres, textes juridiques (contrats, dossiers d'instructions de procès, jugements, recueils de lois), textes religieux (récits mythologiques, prières, prescriptions rituelles), textes épiques, inscriptions royales décrivant les hauts faits du roi, présages de toutes sortes, textes scientifiques (dictionnaires, astronomiques, mathématiques, etc), textes épiques, poétiques et de sagesse, etc.

La métallurgie

Samedi 14 Juin 2008 à 23:14

Publié par histoire-universelle dans Les découvertes

Une notion non chronologique

Le début de l'âge du fer est daté de 1100 avant J.-C. pour les régions méditerranéennes et de 700 avant J.-C. pour le Jylland. Si les archéologues continuent de parler dans certains cas d'un premier et d'un second âge du fer, c'est moins pour saisir une évolution que pour cerner les disparités entre certaines régions, en référence, par exemple, aux sites archéologiques de Hallstatt (Autriche) et de La Tène (Neuchâtel, Suisse), à partir desquels on peut définir des traits de culture. En effet, il existe, selon les lieux, des âges du fer à des époques différentes.  

L'acquisition de la métallurgie du fer est une étape importante dans l'histoire des sociétés, en particulier par son retentissement sur les techniques agricoles et son rôle dans la mise en place des pouvoirs. Il est certain que l'augmentation des quantités de fer produites, la spécialisation qui a pu en résulter dans l'organisation de la production ont dû influencer notablement l'évolution des pouvoirs et leur répartition. Mais les modalités de l'intervention du fer dans l'histoire politique sont difficiles à mettre en évidence.  


Les textes
Les premiers textes qui font mention du mot «fer» sont des tablettes cappadociennes découvertes dans l'ancienne Kanesh, colonie d'Assour, datées de la première moitié du II e millénaire avant J.-C. Le minerai de fer, asium, y est distingué du lingot de fer, amatum.

Au XVIII e siècle avant J.-C., à Alalakh (frontière turco- syrienne), des tablettes cunéiformes hittites signalent une production d'armes en fer. Les textes hittites des XV e et XIV e siècles avant J.-C. rapportent qu'un trône en fer aurait été forgé sur place, tandis qu'une lettre d'Amarna (Egypte) mentionne, au XIV e siècle, un poignard à lame de fer. On fait aussi très souvent référence à la «lettre» de Hattousili, dans laquelle ce roi hittite s'excuse de ne pas pouvoir envoyer plus de fer de Kizzouwatna. Cette lettre date de 1275 à 1250 avant J.-C.  

Parmi les sources les plus citées de l'Antiquité, Hésiode au VIII e -VII e siècle avant J.-C. et Homère font de nombreuses mentions de la fabrication et de l'utilisation du métal. Les premiers textes chinois concernant le fer datent du VII e siècle avant J.-C., mais ils sont alors très imprécis.  

Au Moyen Age européen, très peu de textes traitent directement des activités métallurgiques, mais l'on trouve des descriptions de l'usage du fer, que ce soit pour des outils ou dans la construction. Ce sont des sources indirectes comme les chartes, aux XII e et XIII e siècles, puis les comptes et les actes notariés qui fournissent les données les plus sérieuses. Ces documents ne décrivent presque jamais les appareils et les outils, les gestes et les techniques. Ils donnent des localisations, des noms et des statuts de personnes travaillant le métal.

Mais aux XV e et XVI e siècles apparaissent les traités spécialisés, tels De l'art du feu de Vannoccio Biringuccio et De re metallica de Georgius Agricola, qui apportent des renseignements précis sur l'élaboration du métal et la fabrication des objets.  

Les minerais
La métallurgie et les premières utilisations du métal apparaissent au Proche-Orient dans le courant du 4 e millénaire av. J.-C. La Mésopotamie ne disposait d'aucun minerai et importait cuivre, étain, plomb, or, argent, etc. Le cuivre venait d'Arabie du sud ou d'Inde par le Golfe Persique et il était sans doute importé sous forme de minerai. On en trouvait aussi dans les montagnes de la chaîne du Taurus, ainsi qu'à Chypre. L'étain, nécessaire pour faire du bronze par alliage avec le cuivre, venait du plateau iranien par l'Elam. Les textes le confondent parfois avec le plomb, qui était importé des mêmes régions que l'argent (plomb argentifère) : l'Iran, l'Anatolie, mais aussi sans doute l'Espagne. Enfin, l'or venait aussi par le Golfe arabo-persique et des montagnes du nord (Taurus).

L' Egypte était plus favorisée que la Mésopotamie puisque de nombreux métaux vulgaires ou précieux s'y trouvent. Au 2 e millénaire av. J.-C., un souverain mésopotamien écrit au roi d'Egypte pour lui demander du métal précieux puisque, dit-il "l'or dans ton pays c'est de la poussière : on n'a qu'à le ramasser !".

Les techniques
Les techniques de la métallurgie ont été importées des régions qui disposaient de minerai, et plus particulièrement d'Anatolie, d'Arménie ou du Caucase. Le cuivre est le premier métal utilisé à des fins "industrielles" et c'est le travail de ce métal qui est à la base de la technique métallurgique proche-orientale. Le minerai était concassé, fondu dans un four ou un fourneau muni de soufflets, puis martelé et refondu avant d'être éventuellement allié à un autre métal, comme le cuivre et l'étain pour produire du bronze.

Depuis le 3 e millénaire, on sait aussi purifier les métaux précieux, or et argent, par coupellation, en faisant fondre le minerai dans un vase poreux, afin de faire disparaître les impuretés. Les livraisons d'or donnent parfois lieu à des réclamations quant à la quantité : après coupellation, on s'aperçoit que le poids a diminué puisqu'une partie des impuretés a été éliminée ! On pouvait aussi modifier les qualités ou la couleur de l'or ou de l'argent en les alliant à d'autres métaux (cuivre, étain, plomb).

Le métal précieux ou vulgaire pouvait être travaillé par moulage, fonte à la cire perdue ou martelage. Les fouilles ont livré en particulier des moules en pierre ou en argile présentant la forme, en creux, de bijoux ou d'outils.

L'utilisation des métaux
Les métaux ont servi à fabriquer de très nombreux objets, et en particulier des parures, des outils et des armes. Les fouilles livrent souvent des épingles en bronze servant à attacher les vêtements ou les cheveux et des miroirs de bronze. Les outils les plus fréquemment retrouvés sont des clous, des pelles, des grattoirs, des haches ou des scies.

Les principales armes, en bronze ou en fer, sont des épées, des poignards, des lances et des pointes de flèches. L'or n'était utilisé que pour des travaux de bijouterie, ou pour décorer les statues divines. Quant à l'argent, aussi utilisé pour la bijouterie, il servait de moyen de paiement, sous forme de petits morceaux que l'on pesait à chaque transaction. L'autre moyen de paiement était l'orge, et le cours du change entre l'orge et l'argent était fixé par l'administration. On retrouve assez peu d'objets en métal intacts dans les fouilles : on réutilisait les objets usagés, même en métal non précieux, en les refondant pour en faire de nouveaux.

Du bronze au fer
Le bronze, alliage de cuivre et d'étain, présente beaucoup d'avantages par rapport au cuivre pur : il est plus résistant si la proportion d'étain est correcte, il est plus facile à couler que le cuivre et son point de fusion étant plus bas, il nécessite moins de combustible. Les proportions de l'alliage (dix pour cent d'étain) mentionnées dans les textes ont été confirmées par les analyses. Utilisé pendant près de deux millénaires, le bronze sera détrôné par le fer, connu depuis longtemps sous forme météorique, mais qui ne sera largement utilisé à des fins industrielles qu'à la fin du 2 e millénaire av. J.-C.

Le minerai de fer vient du Taurus, d'Arménie et d'Iran et c'est sans doute dans ces régions que les techniques de sa métallurgie se sont développées, avec la mise au point de la forge avec soufflets et de la trempe. La résistance et la souplesse du fer ont permis de fabriquer des outils et des armes beaucoup plus efficaces.

Les métaux précieux et l'orfèvrerie
Les techniques de l'orfèvrerie en Mésopotamie comme en Egypte, sont arrivées à une grande perfection dès le 3 e millénaire av. J.-C. : après avoir raffiné le métal précieux, on peut le travailler par martelage, en le transformant en fines feuilles, que l'on fixait ensuite sur un support (âme en bois ou en bitume pour des statues ou des perles, objet en métal à plaquer). On pouvait aussi le fondre pour le couler dans des moules en pierre ou en argile cuite.

Toutes sortes de techniques permettaient d'obtenir des effets variés du métal seul ou associé à d'autres éléments précieux ou semi-précieux : soudure, filigrane, incrustation, sertissure, martelage, niellage, placage, etc.

 
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